Présence d’ours à Cuba : habitat, espèces et risques potentiels pour les voyageurs

Aucune population d’ours n’est recensée à Cuba selon les organismes de conservation internationaux. Pourtant, des rapports historiques évoquent la présence passée d’espèces disparues sur l’île. Des confusions persistent encore dans certains guides touristiques et sur des forums de voyageurs.

Les autorités cubaines ne signalent aucun risque lié à la faune ursine pour les visiteurs. Les seules espèces d’ours présentes dans la région des Caraïbes sont reconnues comme éteintes depuis le XIXe siècle. Les précautions habituelles lors de randonnées à Cuba concernent principalement d’autres animaux et les conditions climatiques.

Ours à Cuba : mythe ou réalité sur la faune locale ?

La question de la présence d’ours à Cuba continue d’alimenter de nombreux fantasmes. Sur le terrain, impossible de croiser la moindre trace d’un ours, quelle que soit l’espèce. L’île ne compte ni ours brun, ni ours noir, ni aucune espèce native ou introduite appartenant à cette famille. Pourtant, la confusion a la vie dure : guides peu rigoureux et rumeurs sur Internet entretiennent encore ce mythe. En réalité, c’est une biodiversité tout à fait atypique qui s’est développée à Cuba, façonnée par des siècles d’isolement et de spécificités géographiques.

Le pays abrite une incroyable diversité : avec plus de 8000 espèces de plantes, 700 espèces de poissons, 350 espèces d’oiseaux, 120 reptiles et près de 50 mammifères (dont de nombreux endémiques), la faune cubaine étonne par son originalité. Ici, pas de grands prédateurs terrestres. Les forêts, mangroves et montagnes résonnent plutôt du vol d’oiseaux tropicaux, des déplacements furtifs de petits mammifères, du sifflement des reptiles ou du cliquetis des coquillages étonnants. Cette absence d’ours et d’autres grands carnivores trouve sa racine dans l’isolement géologique de l’île, séparée du continent américain bien avant l’arrivée des ursidés.

Pour mieux saisir cette singularité, voici quelques points clés sur la faune cubaine :

  • La biodiversité cubaine compte parmi les plus foisonnantes de la Caraïbe, sans pour autant inclure le moindre ours.
  • La faune locale s’est développée sans grands carnivores terrestres, favorisant l’apparition d’espèces endémiques en grand nombre.

L’essor du tourisme en provenance des États-Unis a mis en relief la nécessité de dissiper ces confusions tenaces. Au-delà des légendes, c’est la sauvegarde de la biodiversité insulaire qui concentre les enjeux actuels, en particulier face à l’impact du tourisme et aux bouleversements climatiques. Sur l’île, ce sont surtout les milieux marins qui suscitent l’inquiétude des biologistes et des écologistes.

Quels habitats naturels sont propices à la présence d’ours sur l’île ?

L’idée qu’un ours puisse s’installer à Cuba ne résiste pas à l’examen des milieux naturels locaux. L’île, avec ses zones protégées d’exception, présente une diversité d’écosystèmes : la Péninsule de Zapata et ses marais, la Sierra del Rosario, Buenavista ou encore Baconao, autant de réserves classées à l’UNESCO. Ces sanctuaires, où se mêlent forêts tropicales, mangroves et marécages, regorgent d’espèces discrètes, mais n’offrent pas le cadre de vie qu’exigerait un grand mammifère comme l’ours.

Voici ce que l’on observe dans les principaux milieux naturels cubains :

  • La mangrove sert de rempart écologique, abritant poissons, oiseaux et crustacés, tout en filtrant les sédiments et le carbone.
  • Les forêts humides de la Sierra del Rosario et de Topes de Collantes hébergent des espèces endémiques, des amphibiens rares et des petits mammifères ; toutefois, leur surface limitée et la disponibilité restreinte de nourriture ne conviennent absolument pas à l’implantation d’ours.

Dans les Jardins de la Reine, vaste réserve marine réputée, la faune est dominée par les crocodiles américains, une myriade de poissons, de mollusques et de requins. Ce site illustre à quel point la richesse animale de Cuba s’exprime avant tout sous l’eau, bien davantage que sur terre.

La Vallée de Viñales, célèbre pour ses reliefs calcaires et ses paysages spectaculaires, ne réunit pas non plus les conditions requises pour une population d’ours. Entre les cavernes, les collines et les forêts secondaires, rien ne correspond à l’habitat nécessaire à ce type de mammifère. La fragmentation des milieux, la pression humaine et la prédominance des espaces aquatiques rendent tout simplement impossible la présence durable d’un grand carnivore terrestre sur l’île.

Les espèces d’ours recensées ou disparues à Cuba : ce que nous disent les experts

Si la présence d’ours à Cuba revient régulièrement dans les discussions, elle ne repose sur aucun fondement scientifique. Les spécialistes s’accordent : l’île n’a accueilli aucun ursidé, ni parmi les espèces endémiques, ni dans la faune recensée au fil des siècles. Les bases de données mondiales, dont la Liste rouge de l’UICN, sont formelles : aucun ours n’a été observé, vivant ou fossile, dans l’archipel cubain.

Les chercheurs, qu’ils soient affiliés à la Commission de la sauvegarde des espèces ou à des universités comme La Sapienza de Rome, confirment ce constat sans équivoque. Le climat, la topographie, l’histoire évolutive de l’île ont façonné une faune locale dominée par les oiseaux, les reptiles, les mollusques, et de petits mammifères. Les conditions n’ont jamais permis l’établissement d’une population d’ours, quelle que soit l’époque.

Sur d’autres continents, la famille des ours rayonne au travers d’espèces variées : panda géant, grizzli, ours polaire, ours noir américain… Ces animaux occupent des territoires vastes, souvent montagneux ou boréaux, loin des forêts tropicales morcelées de Cuba. Pour ces espèces, les menaces actuelles sont ailleurs : destruction des habitats, urbanisation, déforestation, principalement en Europe, en Russie ou en Amérique du Nord.

À Cuba, l’image d’un grand animal dans la canopée appartient aux récits populaires, pas aux recherches académiques. Les seuls prédateurs notables restent les crocodiles américains et, dans une moindre mesure, certains oiseaux de proie. L’ours est tout simplement absent de l’histoire naturelle cubaine, comme le rappellent régulièrement paléontologues et experts en biodiversité régionale.

Jeune femme randonneuse observe un ours au loin dans la forêt

Voyageurs : quels risques potentiels et précautions à connaître avant de partir ?

La rumeur d’une présence d’ours à Cuba relève de la légende. Sur place, les promeneurs n’ont aucune chance de tomber nez à nez avec un ursidé, que ce soit en forêt, dans les parcs nationaux ou au détour d’un sentier isolé. Que l’on se promène dans la Sierra del Rosario ou dans les mangroves de la Péninsule de Zapata, la tranquillité est garantie sur ce plan.

Cela ne signifie pas pour autant que tout est simple pour les voyageurs. Les véritables difficultés se trouvent ailleurs : la crise énergétique qui frappe le pays provoque des pénuries d’essence et des coupures de courant fréquentes. Se déplacer devient un défi, avec des files interminables aux stations-service, des bus qui se font attendre, et des locations de voiture dont l’approvisionnement en carburant n’est jamais assuré. Quant au confort dans les hébergements, il peut être affecté par les coupures d’électricité, limitant parfois l’accès à l’eau chaude ou à la climatisation, surtout en dehors des grandes villes.

Sur le plan monétaire, le peso cubain (CUP) reste la référence officielle. Mais dans les lieux touristiques, l’euro et le dollar américain circulent, avec cependant certaines restrictions. Mieux vaut prévoir assez de monnaie en petites coupures, car le paiement par carte reste peu répandu et les distributeurs automatiques ne sont pas toujours fiables. Sur la route, la prudence est de mise : le code de la route cubain est appliqué strictement, et le réseau routier peut réserver des surprises.

Avant de partir, il s’avère donc judicieux de :

  • Vérifier la disponibilité du carburant pour chaque trajet.
  • Prévoir plusieurs moyens de paiement et suffisamment de liquide.
  • Se renseigner sur les conditions d’hébergement et la fréquence des coupures de courant.

À Cuba, le seul ours que vous croiserez sera celui des vieilles histoires ou des peluches sur les marchés artisanaux. Le vrai spectacle, lui, s’offre dans la profusion de couleurs, de sons et d’espèces uniques qu’abrite l’île, loin des fantasmes de la faune nord-américaine.

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